Perspective historique et socioculturelle : ce que l’écriture charrie
L’invention de l’écriture, depuis la Mésopotamie, fut toujours affaire de pouvoir, de mémoire et d’exclusion. Or, l’art-thérapie s’acharne à redonner la main à ceux que le langage a désertés : migrants, traumatisés, personnes en situation de handicap ou privés d’accès à l’alphabétisation courante. Écrire autrement, c’est aussi désamorcer les assignations scolaires et sociales, réhabiliter les « mauvaises mains », les graphies vacillantes ou erratiques (voir J. Duvignaud, Le Jeu du possible, 1967).
- Workshops collectifs : L’écriture groupale en art-thérapie, pratiquée dans les institutions psychiatriques depuis la fin des années 1950, permet une circulation de la parole difficilement possible ailleurs (Nancy Huston, L’espèce fabulatrice, 2008).
- Multimodalité : De plus en plus de dispositifs conjuguent l’écriture avec le théâtre, la musique ou l’image, ouvrant à des formes d’expression transversales qui valorisent d’autres registres que la seule capacité à « bien écrire ».
L’écriture thérapeutique n’est pas un luxe : dans certains contextes, elle est la première – parfois la seule – possibilité d’écriture après des années de silence ou d’errance dans un système de soins fragmenté.