Quand le silence n’est pas une absence
L’art-thérapie, perçue de l’extérieur, évoque volontiers le silence d’un atelier, le contact direct avec la matière, la primauté du geste sur la parole. Cette représentation n’est pas sans fondement : l’histoire de la discipline s’est bâtie sur le constat que la création plastique pouvait accueillir ce que le langage ne contient pas ou trop mal. Pour bien des patients, le dessin ou le modelage ouvrent, en dehors du discours, des espaces de mise en forme des vécus bruts, parfois archaïques (Blanc-Sahnoun, 2008).
Cette dimension non verbale n’est pourtant ni un dogme, ni un absolu. Elle se révèle tantôt passage, tantôt refuge, tantôt tremplin pour accéder, autrement, à la parole. Ainsi, explorer la place du verbal en art-thérapie conduit à nuancer, à regarder du côté des pratiques, des dispositifs mais aussi des recherches, pour mieux saisir ce qui, du mot ou de l’image, soigne, contient, structure ou déploie.