Entre ouverture et prudence : la médiation artistique comme horizon
Déterminer si la médiation artistique est appropriée réclame donc une attention polyphonique : à l’état clinique, à la demande et à la réalité du transfert, à l’environnement et à l’histoire du sujet, mais aussi à l’éthique du choix thérapeutique. S’il n’existe pas de “test” universel de pertinence, c’est parce que la rencontre avec l’art, en thérapie, reste un acte singulier et vivant. Nombre de recherches actuelles plaident pour une ouverture mesurée : en 2023, 54% des dispositifs d’art-thérapie institutionnels ont signalé l’importance de pouvoir suspendre ou modifier librement la médiation selon l’évolution clinique du patient (rapport SFAT, 2023).
Cette posture d’indécision créatrice, humble et documentée, fonde probablement ce qui fait la valeur incomparable de l’art-thérapie : la capacité d’entendre, dans le silence comme dans le geste, la promesse toujours inachevée d’un symbolique à retrouver.
- Marie José Lob, “L’évaluation en art-thérapie : questions cliniques”, Revue française d’art-thérapie, 2019
- Françoise Cordés et al., “Expression créatrice et traumatismes précoces”, Érès, 2017
- Benoît Chouvier, “Créativité et psychose. Figures cliniques de la création”, Dunod, 2018
- Association Française d’Art-Thérapie (AFAT), Rapport sur la pratique en France, 2018 ; SFAT, Rapport 2023