Les médiations artistiques : diversité, fonctions et enjeux cliniques
Sous le terme de « médiations artistiques », on regroupe l’ensemble des supports et langages expressifs servant d’interfaces entre le monde interne du patient et le champ thérapeutique. Peinture, modelage, écriture, collage, photographie, arts numériques, musique ou théâtre d’objets : le choix ne doit rien au hasard ni à la simple préférence esthétique. Chaque médium porte en lui une grammaire, une résistance, une potentialité de symbolisation.
Daniel Marcelli et Marie-Paule Mannoni (2005) rappellent que la médiation, c’est « ce qui permet l’expérience de la transitionnalité ». Le médium choisi engage le corps, la sensorialité, la motricité, l’élaboration psychique – il devient théâtre d’essais, plateforme d’expérimentation où se tissent, parfois se rejouent, les modalités du lien à soi et à l’autre (Winnicott, 1971).
Dès lors, ajuster le dispositif suppose de :
- Respecter l’instauration : le temps de la prise de contact avec la matière/médiation.
- Honorer la temporalité : éviter le passage trop rapide ou trop lent d’un médium à un autre.
- Distinguer adaptation (accompagner la demande implicite ou explicite) d’ajustement (intervenir pour permettre l’émergence d’un processus psychique plus vivant).