Créer l’alliance thérapeutique grâce au choix du médium
Le choix du médium ne dit pas tout, mais il engage, souvent à bas bruit, la qualité du lien. Proposer une technique trop complexe risque de raviver le sentiment d’échec. Présenter une matière trop « boueuse » à une personne très phobique du contact peut conduire à une fermeture. A l’inverse, permettre, étape après étape, l’exploration de nouvelles textures, densités, résistances de la matière, accompagne l’élaboration psychique.
Dans la clinique de la psychose, Jacques Press (2004) évoque le rôle structurant de la matière « qui résiste », là où tout menace de se dissoudre. Chez l’adolescent, fragilisé par la crainte d’être vu, les encres aquarellables ou le pastel gras, qui permettent de superposer, de masquer, de métamorphoser, ouvrent la voie à l’oxymore : montrer sans tout dire, cacher sans tout dissimuler.