Le surréalisme, une révolution de l’esprit et du geste
À l’aube du XXe siècle, le surréalisme s’impose comme une brèche, ouverte dans la psyché humaine, par laquelle le rêve, le fantastique, et l’irrationnel se mettent à déborder. Précurseur du lâcher-prise artistique, ce mouvement porté par André Breton, Salvador Dalí, Max Ernst et tant d’autres, ambitionne de court-circuiter la censure imposée par la raison, pour accéder à une expression plus directe, plus authentique de l’être.
Le « hasard objectif », l’écriture automatique, les collages mentaux et plastiques, la valorisation de l’association libre : en rupture avec l’académisme, c’est le surgissement de l’inattendu, du spontané, qui fait œuvre. Dès ses manifestes (1924, 1930), le surréalisme proclame, avant même que le terme n’existe, la primauté de l’expression sur la forme, le geste sur la maîtrise, l’inconscient sur le rationnel (André Breton, 1924). Cette philosophie irrigue en profondeur les futurs ateliers d’expression libre, jusqu’à devenir une référence souterraine, mais fondamentale, de l’art-thérapie contemporaine.