L’intention : ce qu’elle n’est pas, ce qu'elle devient en création
Aborder la notion d’intention artistique en art-thérapie, c’est s’exposer à une polysémie féconde, mais parfois piégeuse. Dans le champ de la création libre, l’intention artistique semble évidente : une idée, une pulsion, une image pousse quelqu’un à choisir tel matériau, tel sujet, tel geste. Mais que devient cette intention lorsque l’acte créateur advient sur le terrain de la thérapie ? Doit-elle être élucidée ? L’artiste-thérapeute doit-il la capturer, la formuler, ou la laisser opérer en sourdine ?
L’intention n’est pas une injonction – ni à “faire beau”, ni à résoudre un problème, ni à performer. En art-thérapie, elle ne se réduit plus à un projet esthétique conscient ni à une recherche d’effet. Elle devient, selon l’expression de Jean-Pierre Klein, psychodramatiste et fondateur de l’Institut national d’expressions, de création, d’art et de transformation (INECAT), l’élan initial : cette étincelle qui met en mouvement le processus créatif, souvent à la lisière de l’inconscient.