Dans l’espace de l’art-thérapie, la qualité de la relation entre le thérapeute et le patient constitue un levier majeur de transformation. Maintenir une juste distance thérapeutique s’avère essentiel, notamment en libéral où les repères institutionnels font souvent défaut. Cette distance, à la fois physique, symbolique et affective, protège le patient tout en permettant la création d’un espace suffisamment sécurisé pour que l’expression soit possible. Elle implique une vigilance constante face au risque d’intrusion, de fusion ou, à l’inverse, de retrait. Les enjeux éthiques, la nature des médiations artistiques, l’instabilité des cadres, la complexité des transferts et contre-transferts, ainsi que la nécessité d’une supervision approfondie, structurent cette question centrale. Une pratique clinique solide enrichie des regards croisés issus de la psychopathologie et de la psychodynamique éclaire l’ajustement subtil de cette distance, au service de l’éthique et de la créativité.