Prendre au sérieux ce qui déborde : l’anxiété, l’agitation, et l’expression inconsciente
Dans les consultations, les ateliers, les couloirs des institutions, l’anxiété se signale souvent moins par des mots que par une énergie diffuse, par l’agitation du corps, des mains, du regard. Parfois, elle est bruyante - précipitation de gestes, paroles en cascade - parfois elle s’installe en silence : tension retenue, souffle court, rongeant l’intérieur. L’agitation, quant à elle, n’est pas que mouvement, mais aussi incapacité à s’arrêter — à « se poser » dirait-on familièrement.
Pourtant, ces manifestations qui paraissent embarrasser la pensée sont, sur le plan psychique, des signaux d’alerte et de vitalité. Selon l’OMS, les troubles anxieux touchent près de 264 millions de personnes dans le monde (OMS, 2022), et l’agitation accompagne une multitude de situations de détresse, des troubles psychotiques à la simple tension quotidienne.
Face à ces états, l’art-thérapie offre une alternative à la complétude des mots. Elle propose un détour concret, incarné, pour déposer ce qui cherche à sortir mais ne trouve pas sa forme langagière. Mais de quoi s’agit-il précisément lorsque l’on parle d’apaisement par l’expression créative ?