Un langage là où les mots manquent : pourquoi l’art-thérapie chez l’enfant et l’adolescent ?
Dans la jungle touffue des troubles psychiques de l’enfance et de l’adolescence, les mots s’emmêlent, souvent, ou fuient. Comment traduire une angoisse précoce, un sentiment d’étrangeté au monde, lorsqu’on ne maîtrise pas encore le territoire du langage ? À titre d’illustration, selon l’Inserm, 10 à 15 % des enfants et adolescents présentent un trouble psychique modéré à sévère (dépression, anxiété, troubles du comportement, psychoses), ce qui signifie qu’un élève sur dix en moyenne en école ou collège est concerné (Inserm).
Avant d’apprendre à parler, l’enfant apprend à jouer, à dessiner, à modeler, à sentir. Ici, l’expression plastique apparaît vite comme une solution « première » : un sas sans jugement, où formes, couleurs, matières deviennent relais de l’indicible. C’est là que l’art-thérapie, envisagée dans une perspective dynamique et clinique, trouve toute sa pertinence.