Regards sur la place de l’art-thérapie dans le soin gériatrique
Lorsque l’on franchit les portes d’un EHPAD, les teintes pâles des murs, le ballet discret des soignants, les regards à la fois absents et bien présents des résidents, l’impression de stagnation… Pour beaucoup, l’âge avancé rime avec perte : des capacités, des repères, parfois de la parole. Or, l’art-thérapie, en institution, ne prétend pas simplement distraire ; elle convoque la création là où la vie semble s’effacer, et fait resurgir la vitalité à travers l’expression artistique.
Sur le terrain français, on estime qu’environ 47 % des EHPAD proposent régulièrement de l’art-thérapie à leurs résidents (source : Drees, 2022). Mais qu’entend-on par là ? L’art-thérapie s’inscrit ici comme un « soin de support », reconnu par la Haute Autorité de Santé comme complémentaire aux prises en charge médicales et psychologiques.
Ce champ est vaste : arts plastiques en atelier collectif, musique, danse, théâtre, écriture. La diversité des dispositifs permet d’adapter l’expérience à la singularité de chaque résident, de contourner les déficits cognitifs ou sensoriels, mais aussi d’interroger, avec délicatesse, le rapport au corps vieillissant et l’épaisseur des souvenirs.