L’art-thérapie face à la diversité des publics en établissements médico-sociaux
Approche spécifique auprès des personnes âgées
Le vieillissement s’accompagne trop souvent d’une fonte des repères identitaires. L’art-thérapie, par l’invitation à modeler, peindre, coller, découper, œuvre à restaurer une trame biographique parfois effilochée. L’acte créatif réveille des souvenirs, des savoir-faire laissés en jachère, parfois insoupçonnés. Selon une enquête menée en 2020 par l’Observatoire du Grand Âge, 63 % des personnes âgées en institution ayant bénéficié de séances hebdomadaires d’art-thérapie évoquent « un éveil de la mémoire affective », facteur de bien-être et d’apaisement.
Auprès des personnes en situation de handicap
Pour le public accueilli en IME ou en Foyer d’Accueil Médicalisé (FAM), l’art-thérapie offre une voie d’expressivité brute, souvent plus immédiate que la parole. Elle permet de soutenir la construction d’une estime de soi, de valoriser la capacité à inventer, quel que soit le niveau de dépendance. Une observation partagée par de nombreux éducateurs : ceux qui sont « en marge » du groupe durant les temps collectifs semblent se mobiliser, se mettre en scène autrement dans l’atelier, bénéficiant d’un effet de réajustement sur le registre relationnel (source : rapport INSERM, 2017).
Personnes atteintes de troubles psychiques
Dans les foyers d’accueil médicalisés psychothérapeutiques (FAM-psy), l’art-thérapie offre un espace transitionnel, au sens de Winnicott, favorisant la symbolisation là où la pensée peut se rigidifier ou se disperser. L’atelier n’est alors plus un simple espace d’animation mais un véritable terrain de jeu psychique, où l’on peut déposer ses angoisses sans craindre l’interprétation immédiate de l’autre.