Pourquoi rapprocher art-thérapie et TCC ? Un champ de réponses cliniques
Ce rapprochement émerge d’une double limite constatée sur le terrain :
- Certains patients « parlent déjà trop » ou tournent en boucle sur leurs représentations sans mise en acte transformationnelle.
- D’autres, face aux outils verbaux des TCC, se heurtent à une impasse : le langage est absent, l’accès au souvenir traumatique impossible, voire « interdit ».
Dans le traitement du trouble obsessionnel-compulsif (TOC), par exemple, la TCC propose une exposition avec prévention de la réponse (ERP) qui a montré, selon l’Inserm (2021), une efficacité supérieure à 60 %. Pourtant, chez certains patients chez qui la verbalisation est difficile (ado mutique, adulte présentant un retard mental), introduire un support expressif, même en parallèle, favorise la tolérance à l’exposition ou permet une régulation émotionnelle préalable au travail cognitif.
De même, la dépression résistante trouve auprès des interventions créatives une énergie d’agir, une relance du désir de faire, préalable ou complément indispensable à la modification des schèmes cognitifs négatifs. En 2016, une étude menée à Londres par le Royal College of Psychiatrists montre que l’ajout d’ateliers créatifs au protocole habituel (TCC + traitement) double le taux d’engagement dans le soin (64 % contre 32 %).