Pourquoi l’art en atelier pour les troubles cognitifs ? Points d’ancrage cliniques et théoriques
La question de l’accompagnement des troubles cognitifs – qu’ils relèvent d’une atteinte sénile, traumatique ou dégénérative – pose d’abord celle du sens : pourquoi proposer un atelier artistique à une personne qui, parfois, ne retient plus le nom de ses proches, ne reconnaît plus les objets du quotidien, voire ne formule plus de langage verbal ? Pourtant, des travaux de Olivier Putois ou de Geneviève Aïdan (2011, 2022) suggèrent que persiste au sein de l’effritement cognitif une étincelle de pulsion créatrice, un appétit de lien, de jeu, de forme. Au sein de l’art-thérapie, la pratique artistique s’affranchit de la logique de "réussite" pour retrouver une fonction contenante, identitaire, et même réparatrice.
- Maintien de l'identité : les gestes plastiques témoignent d’un sujet encore à l’œuvre, même vacillant.
- Activation sensorielle : textures, couleurs, rythmes offrent des supports alternatifs à la cognition déficiente.
- Fonction d’étayage émotionnel : l’expression non-verbale canalise l’angoisse, la peur, l’agitation.
- Stimulation motrice et cognitive : manipuler pinceaux, matières, instruments entretient la coordination et la proprioception.
La littérature fait consensus sur l’importance de préserver une activité créative jusqu’aux stades avancés des troubles neurocognitifs (cf. rapport INSERM, 2020 ; Société Alzheimer Canada, 2019 : alzheimer.ca).