À la croisée de deux soins : art-thérapie et rééducation
En centre de rééducation ou de réadaptation, les épreuves ne se limitent pas à la convalescence physique. La perte provisoire ou définitive de capacités, l’effondrement des repères, l’intrusion du corps médical, font apparaître une scène intérieure chaotique. Face à ces bouleversements, nombre de dispositifs coexistent : kinésithérapie, orthophonie, psychomotricité, soutien psychologique… Mais qu’en est-il de l’art-thérapie ? L’art est-il superflu ici, simple parenthèse récréative, ou prend-il une dimension singulière, intégrée au travail de remaniement psychique et corporel ?
L’art-thérapie en centre de rééducation, comme l’ont montré plusieurs études françaises et anglo-saxonnes (notamment dans la revue Brain Impairment, 2005), s’immisce là où la rééducation classique peut buter : sur la résistance, la lassitude, l’impossibilité de mettre en mots la souffrance ou la honte ressentie par le patient.