Un constat : écoles et élèves à l’épreuve du décrochage
Chaque année en France, selon le Ministère de l’Éducation nationale, plus de 80 000 jeunes quittent le système scolaire sans diplôme (source). Ce chiffre, loin d’être anodin, dit la difficulté de notre école à contenir, écouter, soutenir toutes les singularités. Derrière chaque statistique, les visages – garçons ou filles, issus ou non de zones prioritaires, porteurs parfois de troubles du comportement, d’anxiété, d’ennui ou de découragement.
Le décrochage n’est ni soudain ni monolithique. Il s’installe, par effritements insidieux : absentéisme, désengagement, sentiment de ne pas appartenir à l’espace classe. Si l’on s’accorde à reconnaître que l’échec scolaire n’a rien d’un phénomène uniforme, la réponse institutionnelle, elle, peine parfois à se départir d’un horizon clairement pédagogique. Dès lors, une question surgit : et si l’on dépassait le seul versant cognitif ? Et si l’art, et plus précisément l’art-thérapie, pouvait aider à réinvestir cet espace où l’élève se sent, tout simplement, capable d’être là ?