Perspectives : tisser du vivant là où il semble se défaire
Recevoir en cabinet d’art-thérapie libéral une personne âgée ne revient pas à nier la réalité de la finitude ou à repeindre la vieillesse en rose naïf. Il s’agit de composer avec ce qui résiste et ce qui cède, d’offrir un espace où la parole — plastique, autobiographique, symbolique — a encore droit de cité.
Cette pratique exige éthique, vigilance, réinvention constante du cadre. Mais elle révèle chaque fois, même au cœur des vulnérabilités, la puissance de la vie qui s’attarde et s’exprime tant qu’elle peut : trace colorée, collage timide, minuscule récit, regard ému… Le cabinet, alors, devient moins un lieu de réparation qu’une scène où le sujet re-trouve à chaque séance de quoi éprouver, sentir, formuler, peindre et, de fait, continuer à évoluer.