La simplicité du dessin : rupture de l’obstacle initial
L’expérience en institution, qu’elle soit pédopsychiatrique ou pour adultes, fait ressortir la multiplicité des obstacles à la mise en travail thérapeutique. La peur du regard, la honte, la méfiance, les troubles cognitifs, mais aussi l’évitement ou la sidération devant une consigne inhabituelle… Le dessin, qui ne requiert ni outillage complexe, ni compétence technique préalable, s’impose alors comme un seuil accessible. Il permet d’initier le mouvement là où la parole, trop exigeante ou déjà saturée, échoue souvent à s’éveiller. Cette accessibilité est corroborée dans des études comme celles de C. Ferraz & D. Martin (2012), qui soulignent le faible taux d’abandon des ateliers dessins chez des publics hospitalisés comparativement à d’autres ateliers créatifs nécessitant plus de préparation ou d’engagement corporel.
- Un médium peu intimidant, proche du jeu (Marie Bonnafé, 2011)
- Faible coût matériel, possibilité de passer du jeté au travaillé*
- Ouverture à toutes les temporalités (express, prolongé, morcelé…)
*L’enfant, mais aussi l’adulte institutionnalisé, peut « rater », déchirer, recommencer sans conséquences ni investissement irréversible.