Pourquoi l’implication du personnel soignant est-elle décisive ?
Il n’est pas rare, dans les structures sanitaires et médico-sociales, de constater que l’art-thérapie reste à la lisière des équipes : présente dans l’offre de soin, légitimée par des instances, mais parfois tenue à distance par les soignants eux-mêmes. Les raisons tiennent à des dynamiques complexes de place professionnelle, à l’histoire des pratiques et à la méconnaissance des ressorts de l’expression créatrice.
Pourtant, des recherches récentes (Tavormina & De Felice, 2011 ; Rechnitzer, Art Therapy and Healthcare, 2022) montrent que l’intégration du personnel soignant (infirmier(e)s, aides-soignant(e)s, éducateur(rice)s, psychologues, médecins) est un levier déterminant. Leur implication favorise l’adhésion des patients, le repérage des indications, et la circulation fine des observations cliniques. L’art-thérapeute isolé risque, à l’inverse, le « hors sol ».
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Une étude menée en Grande-Bretagne (British Journal of Nursing, 2019) montre qu’une co-construction soignant/art-thérapeute multiplie par 2,5 le taux d’assiduité des patients sur 12 semaines en service de psychiatrie adulte.
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L’OMS (2019, publication « What is the evidence on the role of the arts in improving health and well-being ?») précise que la participation active des soignants optimise l’efficacité des dispositifs d’art-thérapie, tant sur le plan de l’alliance thérapeutique que sur celui de la prévention des ruptures de soin.