Adolescence : un territoire fragile de l’expression
Entre enfance et âge adulte, l’adolescence s’impose comme un entre-deux vulnérable, un territoire mouvant où les repères, jusque-là solides, vacillent. Depuis une vingtaine d’années, les enquêtes successives de l’Inserm, de l’Observatoire National du Suicide (ONS) et de l’OMS pointent la prévalence croissante du mal-être adolescent. Selon Santé Publique France (2022), près de 30 % des adolescents de 15 à 17 ans déclarent avoir ressenti un « mal-être profond » au moins une fois dans l’année, tandis que les tentatives de suicide concernent 7,5 % des jeunes de 17 ans (source).
Pour ces jeunes, la parole, fragile et exposée, ne suffit pas toujours à contenir le débordement émotionnel. Les mots font défaut, s’étranglent ou se contournent – et c’est ici que le geste, la forme, la matière prennent le relais. Comment alors l’art-thérapie, par l’expression plastique, peut-elle devenir ce passage, cette chambre d’écho où le mal-être prend corps pour, parfois, devenir plus dicible ?