Un tournant épistémologique et pratique
Ce qui frappe, dans cette évolution, n’est pas seulement la multiplication des postes ou la reconnaissance “de fait” de l’art-thérapie, mais bien un tournant épistémologique : la place accordée à l’expression non verbale, à l’acte créateur comme possibilité de (re)construire une narration de soi, de symboliser la souffrance, d’oser l’inédit là où la parole fait défaut. C’est, au fond, une reconfiguration de la clinique, à la fois anthropologique (refaire place au récit, au jeu, à la symbolisation) et institutionnelle.
Les politiques de santé mentale, en introduisant la pluridisciplinarité, en valorisant les approches globales et en soutenant la médiation artistique, ont contribué à installer, peu à peu, une nouvelle évidence : on ne soigne pas “malgré” la créativité, mais grâce à elle, parfois aussi.