Des mouvements artistiques à la reconnaissance professionnelle
L’art-thérapie institutionnelle française s’est également nourrie de rencontres singulières avec l’Art Brut, notion forgée par Jean Dubuffet en 1945. Dubuffet collecte, expose, valorise les œuvres de « fous », d’exclus, d’autodidactes. Son travail inspire des cliniciens qui voient là un potentiel d’expression authentique et non normé.
(Source : L. Lévy, Art Brut et psychiatrie, L’Harmattan, 2018)
Au-delà des figures tutélaires, dans les années 1970-1980, le questionnement s’institutionnalise. Se créent les premières formations universitaires et diplômes (Université Paris V – René Descartes, Université de Tours). Les espaces de soin se diversifient : hôpitaux de jour, CMP, foyers de vie, mais aussi prisons et maisons de retraite. À chaque fois, l’introduction de l’art-thérapie génère débats, résistances, innovations.
Si les premiers praticiens venaient souvent du champ artistique ou éducatif, le tournant des années 1980-1990 voit apparaître une réflexion plus structurée sur le statut, l’éthique et la légitimité des art-thérapeutes.