Quand pinceaux et argile deviennent outils de soin
Des dispositifs pensés pour l’hôpital
Depuis une quinzaine d’années, art-thérapeutes et soignants intègrent des ateliers d’expression plastique dans les services pédiatriques. La Fondation Roi Baudouin estimait en 2019 que plus de 53 % des hôpitaux européens proposent un espace créatif encadré à leurs jeunes patients. Les approches varient : atelier individuel en chambre, création collective en unité, ou encore interventions mobiles au chevet.
Les médiums privilégiés : dessin, peinture, modelage, collage, installation éphémère… Le choix du support n’est jamais neutre : les difficultés motrices, l’état de fatigue imposent parfois de revisiter les classiques. Les arts plastiques ont l’avantage de ne pas nécessiter de technicité, offrant ainsi une accessibilité maximale quelle que soit la situation.
L’espace plastique : une bulle transitionnelle
L’atelier d’art-thérapie à l’hôpital ne se veut ni salle de classe, ni salle de jeu : il se pense comme un entre-deux. Les objets (papiers, couleurs, ciseaux, matières) deviennent autant de médiateurs. Ce lieu symbolique sécurise, cadre l’action, autorise à « mettre dehors » ce qui déborde sans risque de casse psychique.
- Le geste créatif détourne l’attention des gestes invasifs du soin.
- L’enfant retrouve un pouvoir d’agir – il n’est plus uniquement « patient » mais sujet-créateur.
- L’œuvre produite devient soutien à la narration : on peut parler du dessin plutôt que de l’épreuve vécue, déplaçant ainsi la charge émotionnelle.
Comme l’explique la psychologue J. Malchiodi (2015), « la création offre à l’enfant hospitalisé un exutoire mais aussi un mode de maîtrise symbolique sur ce qui l’envahit. »