Chacun comporte sa propre dynamique. Il nous a paru intéressant que différents art-thérapeutes puissent dire ici ce qui, à leurs yeux, en fait la spécificité.
Il s'agit d'une rubrique ouverte :
Vous êtes donc cordialement invités à nous faire parvenir votre propre expérience concernant le (ou les) média(s) que vous utilisez ou encore le contexte institutionnel dans lequel se situe votre atelier d'art-thérapie!
ATELIER DESSIN/PEINTURE
Bernard Capelier Atelier Terre
Jacqueline Savy Psychothérapie par la photographieL'idée de se servir de l'image photographique comme support d'une psychothérapie est ancienne, datant des premiers temps d'exploitation de cette image, c'est-à-dire dans les années 1850. L'Angleterre aurait précédé la France . Nous retiendrons que le but poursuivi était triple: re-narcissiser le patient, l'affronter à la réalité objective, soutenir une thérapie en cours. Mais l'esthétique n'était pas oubliée! Qu'en est-il aujourd'hui ? Évidemment, notre rapport à la photographie a changé comme, peut -être, nos conceptions de la psychothérapie elle-même, qui prendrait plus en compte l'univers du fantasme, les projections personnelles , les rapports de la personne à son passé, l'inscription dans sa filiation ...etc. Avec l'apparition de la psychanalyse, l'essor de la sociologie mis en parallèle avec celui de la photographie documentaire , l'analogie soulignée entre le théâtre et l'espace scénique qu'offre l'image photographique, ainsi qu'avec tous les écrits philosophiques qui se sont servis de l'exemple de la photographie pour expliciter l'ambivalence que l'on peut ressentir vis-à-vis du réel, nous sommes amenés à interroger de plus en plus un médium qui déroute et fascine tout à la fois. Se servir de la photographie comme support d'une psychothérapie en cours relève donc d'une double réflexion: qu'en est-il du regard de l'autre, de ses projections visuelles, de l'analyse qu'il fait de l'espace et du temps dans lesquels il s'inscrit et, parallèlement, du rapport que l'on peut entretenir avec l'image comprise comme objet extérieur tout autant qu'intériorisable. L'image fait parler de ce qu'il y a de plus profond en nous et révèle nos capacités à affronter le réel. La photothérapie se situe donc au carrefour de plusieurs approches thérapeutiques: médiations par l'image, arthérapies, thérapies cognitives, soutien psychique après un deuil, renforcement de la mémoire...la pratique photothérapique est heureusement diverse .Nous pouvons fonctionner à deux ou à plusieurs avec des images fabriquées par le patient ou importées de l'extérieur; l'essentiel étant toujours d'être à l'écoute de son regard, de son appréhension de l'espace et du temps. Dr Gilles Perriot
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La Musicothérapie
Cette belle définition de la musique due à René Dumesnil met l'accent sur son caractère universel, non contraignant, sur l'expérience émotionnelle qui accompagne son écoute et sa pratique, sur la communication directe qu'elle favorise sans avoir à passer par le langage verbal, ensemble de conditions favorable à son utilisation thérapeutique. La Musicothérapie est l'approche sensorielle à travers le son et la musique, dans un objectif thérapeutique, des difficultés psychologiques, de nombreux troubles somatiques et psychosomatiques, ainsi que des troubles psychiques névrotiques et psychotiques. Elle partage les bases communes à toute Psychothérapie et fait partie des arts-thérapies dans leurs applications cliniques, éducatives et sociales.
L'exercice de la Musicothérapie nécessite une formation et une pratique musicales, une formation à la relation thérapeutique et une formation spécifique préparant le thérapeute à utiliser la musique comme outil de soins. Dr Jacqueline Verdeau-Paillès |
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Le cinéma est un outil trop peu utilisé, mais, à mon avis, indispensable, en art-thérapie, tenant au fait que c'est un poste d'observation privilégié pour observer, et ce, d'une manière reproductible, soit un individu, soit une famille, soit un groupe social, sur le plan de sa psychologie, ou de sa psychopathologie.
J.G. Veyrat Bibliographie |
Le Masque en ThérapieUne séance type comprendra la fabrication rapide des masques, plusieurs interactions masquées qui se déroulent en silence, puis un échange verbal de fin de séance auquel peut s'adjoindre une lecture collective des masques. Pour des raisons largement inconnues, il se produit chez certains patients, et cela souvent dès la première séance, un accès à des états supérieurs de conscience plus connus sous le nom de "transe". La mémoire que l'on retient de ces états est brève, mais leurs effets sont cumulatifs et durables. L'effet principal étant une meilleure intégration du psychisme. Si la théorie du masque reste à faire, l'efficacité et la rapidité de sa pratique en interaction de groupe explique la popularité de la technique en thérapie et autrement, à toutes les époques et dans presque toutes les civilisations. Bruno de Panafieu
Atelier théâtre pour personnes en difficultés
Nathalie Redlus | ||||
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En Art-Thérapie,A partir d'une palette d'ingrédients multiples, les goûts et dégoûts s'explorent laissant place à la figuration de productions éphémères et consommables, partageables grâce au processus de transformation, chimie de la matière brute vers des formes et des saveurs plus élaborées et subtiles, passant du cru au cuit, du primaire au secondaire. La reconnaissance et la remémoration de saveurs et d'arômes, de texture d'un produit, facilitent l'accès à la symbolisation à partir de sensations brutes ou d'émotions culinaires. A l'issu de chaque séance, quel qu'en soit l'objectif : avec ou sans apport technique préalable, le résultat est concret réalisé dans un déroulement structuré et jalonné de repères spatio-temporels. L'expérience montre un effet re-narcissisant, resocialisant grâce aux interactions permanentes avec le groupe « équipe » et appui. Patricia Klotchkoff |
ATELIER D'ECRIT-THERAPIE EN MILIEU CARCÉRAL
Les séances sont groupales et l'écriture est mise en commun, soit par le dispositif d'écriture que je veux ludique, soit par le retour oral sur le texte : « l'écrivant » apprend à jouer. Et jouer implique l'observance de règles, la nécessité du partenaire et le respect de l'arbitre. Le participant écoute l'autre lire son texte et lui demande en retour la même attitude. Ecrire seul, c'est s'adresser à soi et faire apparaître symboliquement le tiers ; l'écrit thérapie c'est souhaiter la présence physique du tiers, s'amarrer pacifiquement à lui, et c'est le début de l'altérité. Ainsi le détenu redevenu actif, apprend autre chose sur lui et les autres, parvient à se projeter dans le futur en manifestant le désir de laisser une empreinte, une trace : le récit de vie ou l'écrit de réparation. Ainsi il se donne non seulement la possibilité d'accéder à sa culpabilité, alors qu'il était coincé dans la victimisation et la revendication d'innocence, il donne du sens à sa peine et peut démontrer que l'enfermement n'a pas été le temps de la vacuité, mais celui de la prise de conscience et du changement. Jean-Christophe Pinpin
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