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La Société Française de Psychopathologie de l'Expression et d'Art-thérapie a pour objet l'étude pratique, théorique et la recherche concernant les apports de toutes les formes d'expression artistiques à la thérapeutique, l'éducation spécialisée , la pédagogie et la culture.


 

​ Notes de lectures


Note de lecture "Adolescence et cinéma Psychiatrie Française Vol. 47, 1/16, Décembre 2016"

On parle bien des lectures que l’on aime, c’est ainsi. A partir de là, il y a plusieurs manières d’envisager que tout n’est pas dit. L’éternelle adolescence des créateurs d’images et des passeurs de rêves n’en mérite pas moins, et depuis longtemps. Silke Schauder et Maurice Corcos en témoignent, nous livrant ici un ouvrage collectif qui ravira les cliniciens, cinéphiles ou pas, et tant d’autres. 
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Note de lecture « Entre leurs mains....la terre » (B. Chemama-Steiner)

Ouvrage collectif qui invite au partage des regards autour des œuvres de participants à l'Atelier Terre animé par Jacqueline Savy.
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Bon de commande

Note de lecture de Jean Philippe Catonné : La philosophie de l'art. Philippe Abensour. « coll. apprendre à philosopher », Éditions ellipses, 2016, 237 p.
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Note de lecture : Art-thérapie au pays d'Alzheimer. Soigner autrement les maladies de mémoire. Henryka Lesniewska. Préface de Jean Luc Sudres. Chronique Sociale, nov 2015

Il faut un certain courage pour aller dans un service de gérontologie affronter un ennemi implacable : la maladie d'Alzheimer et ces autres démences qui atteignent de nombreuses personnes âgées. Ce courage, Henryka Lesniewska l'a soutenu pendant une expérience de vingt cinq années de prise en charge de ces maladies de la mémoire grâce à refus obstiné de s'en tenir à l'envahissement de l'observation par le handicap. Elle ne l'ignore pourtant pas et en fait le centre des évaluations qui jalonnent son travail. Mais sa recherche permanente est d'aller déterrer la vie et son expression créative partout où elle se cache en lui offrant toutes sortes de dispositifs pour se manifester. Et non seulement elle nous en fait partager les résultats par l'exposé de différents cas cliniques richement illustrés, mais elle nous donne également les outils qu'elle a pu forger dans sa longue pratique. Sans compter une bibliographie de dix pages ( ... !) qui parcourt l'histoire de la psychopathologie de l'expression et celle de l'art-thérapie. Elle nous démontre ainsi que, certes il faut du courage, mais que nous ne sommes pas complètement désarmés et que les résultats sont au bout du chemin avec de vrais bonheurs - et encore d'autres questions qu'elle ne néglige pas : qu'en est-il de l'art, de l'esthétique, qu'en est-il de la « conduite » de l'atelier, de l'exposition voire de la vente des œuvres créées ? De belles questions qui témoignent qu'on a quitté la seule question du handicap.
Béatrice Chemama-Steiner
Notes de lecture : Monstres contemporains. Médecine, société et psychanalyse


Sous la direction de Céline Masson et Catherine Desprats-Péquignot (coll. psychanalyse et création, Ed Inpress)
Présentation :
Où en est-on presque 200 ans après l'écriture du roman éponyme de Mary Shelley et la création du monstre de Frankenstein? A quelle démesure (hubris), à quel bouleversement de normes notre époque travaille-t-elle et fait-elle face tant du point de vue de la science que des arts ?
Il est intéressant de rappeler que monstre, « la chose incroyable » vient du latin monstrum et signifie « prodige montrant la volonté de dieu », de monere « faire penser à; faire se souvenir » et donnera monument, « ce qui rappelle le souvenir ». L'étymologie vient de la racine indo-européenne men- qui indique les mouvements de l'esprit (dict. des racines des langues européennes).
L'homme n'a cessé de représenter des monstres, d'imaginer du monstrueux, puis avec l'essor de la science a cherché à reproduire et produire des monstruosités, des formes monstrueuses, d'ajouter des formes hors normes à celles imaginées ou à celles perçues dans la nature.
Le fil rouge de cet ouvrage collectif, c'est la question du corps (créé) en scène, d'un donné à voir dans l'actuel de ces figures créées sur la scène contemporaine, que ce soit par les artistes qui témoignent des pratiques de la science ou par les pratiques actuelles de la médecine qui réinterrogent le vivant. Et les formes du vivant. Donc notre réflexion est véritablement à l'articulation de la création artistique, des nouvelles formes de médecine et de la psychanalyse.
Céline Masson
Ecrit le 06.10.2015
Note de lecture : Les médiations thérapeutiques par l'art. Le Réel en jeu
Sous la direction de Frédéric Vinot et Jean-Michel Vivès. Erès, 2014.

Maîtres de conférence, Professeurs de psychologie clinique à Nice, et psychanalystes, les coordinateurs de ce livre stimulant ont réuni une pléiade d'auteurs confirmés venus d'horizons divers (de Paul-Laurent Assoun à Silke Schauder en passant par Céline Masson, François Sauvagnat, et d'autres encore). Tous nous livrent, chacun à sa manière, mieux qu'une compilation, autrement qu'un énième manuel, une nouvelle façon d'aborder le sujet. Celui-là même qui ici et là nous concerne tant, nous mobilise jour après jour, seuls, ensemble, plus ou moins regroupés, en institutions ou pas. Un recueil complémentaire des autres donc, et singulier, car animé par un souffle qui n'hésite pas à faire varier les opinions, à interroger les savoirs, à jouer avec les références, à changer de discours. Un style de travail donc, s'inspirant du « Réel en jeu » même, qui nous (re)met le cœur à l'ouvrage, un besoin incontournable. Un exercice d'écritures traversé par les possibilités de symbolisation dont il traite respectueusement, jusqu'aux rives étrangement familières de ce qui échappe au symbolique : Cette dimension centrale de la rencontre médiatisée par l'art, le dit Réel (Ah, Lacan et ses majuscules inspirantes, surtout quand elles ne se contentent pas du dogme !). Une problématique en jeu qui, du côté du sujet créateur-sujet de sa créativité, ne cherche pas seulement à s'exprimer (prime-s'exe), mais à produire quelque chose, y compris dans le presque rien, en ne cherchant pas à réduire l'inconnu au connu, suivant le conseil avisé du maître Antonin Artaud. Les « médiations thérapeutiques par l'art » ? A condition de ne pas verser dans l'idéologie mais à proposer, tel l'artisan au quotidien, un travail polyphonique ancré dans le possible. Voilà ce qu'ont tenté avec succès les auteurs au fil des pages : redessiner les fondements d'une approche post-pluri-lacanienne en consacrant le concept de Réel, non pas sur l'autel des théorisations obscures, mais en tant que pivot pratique des espaces artistiques étudiés (musique, théâtre, marionnettes, écriture)... En évitant de viser trop explicitement la sacro-sainte dimension thérapeutique.
On l'aura compris, au-delà des bénéfices supposés de telles aires transitionnelles, il est ici question de la place cruciale du mystère et de l'impossible dans l'expérience artistique, sous toutes ses/leurs formes. Révéler et voiler le Réel en même temps ? Des articulations du symptôme aux enjeux « invocants » des médiations utilisant la créativité. Au sens où « la subjectivation repose sur « l'énigme sans cesse relancée et relançante d'un impossible dans le rapport du sujet à lui-même ». D'où la féconde utilité de quitter ses tours d'ivoire sans oublier de rediscuter le vocable hybride d'« art-thérapie », sans tabou, ni préjugé. Quitte à oser faire rupture et dans le meilleur des cas ouverture, face aux sutures du symptôme, aux dérives psychologisantes, aux illusoires causalités linéaires, aux curieuses tentatives de dompter l'indomptable : « Ni prévision, ni prévention, ni contention, la rencontre suppose avant tout de se risquer à l'inconnu ». Dont acte.
Dr Christophe Paradas
Ecrit le 15.04.2015
Note de lecture : La cause de l'autiste

Jean-Pierre Royol. La cause de l'autiste, Dorval éditions, novembre 2013, 42 p., 15 € (à commander sur : http://www.artherapie.com/shop/)

En quelques pages concises et efficaces, Jean Pierre Royol nous met au cœur de la relation des « autistes » avec le monde : « les autistes s'intéressent à ce que nous ne voyons plus ». Et ils prennent le langage au mot, mot-vérité, celui des rêves de nos nuits, dans ce travail psychique qu'ils font, eux, le jour et qui alimente une créativité à reconnaître avant tout. Un regard qui n'est pas une désignation. Une prise en compte «humaine », une réflexion utile à tous ceux qui ont à accueillir les enfants et leurs parents - et montre l'apport de la psychanalyse quand l'écoute reste fidèle à son éthique.
Béatrice Chemama-Steiner
Ecrit le 29.04.2014

Note de lecture. Itty, M. et Schauder, S. (dir., 2013). RAINER MARIA RILKE. Inventaire - Ouvertures. Lille, Presses Universitaires du Septentrion, 501 p., 34 euros.(et en numérique)

Silke Schauder et Michel Itty ont réuni pour nous des « voix plurielles » qui, lors du Colloque du Centre Culturel International de Cerisy en 2009, ont rendu hommage à « l'œuvre protéiforme » du grand poète. Ensemble complexe, interdisciplinaire, comprenant douze sections thématiques - puisque Rainer Maria Rilke était aussi critique d'art, essayiste, traducteur, homme de théâtre. Aussi sa correspondance est-elle une mine inépuisable : dialogues poursuivis toute une vie durant avec des figures telles que Lou Andréa Salomé ou Sidonie Nadherny von Borutin, ces écritures interposées ayant contribué sans doute à fonder « le lieu de l'ébauche créatrice ».
Mais ce que ce livre illustré nous raconte aussi c'est l'histoire d'un homme au tournant du siècle (1875-1926), citoyen avant la lettre de l'Europe qu'il parcourue en tous sens au milieu de ses bouleversements, partagé entre ses passions, ses rencontres avec les plus grandes figures de son temps, et son désir d'une solitude indispensable à sa création personnelle. Un homme pour qui le regard primait, un homme « qui vivait par ses yeux ». L'œuvre de Rilke est celle d'un « voyageur » qui se construit entre des pays, des langues, des femmes...
Silke Schauder nous offre à cette occasion une réflexion sur la traduction de la « Panthère » dont elle nous présente plusieurs exemples. Outre qu'elle souligne l'irréductible écart de toute traduction, elle nous montre comment les options de traduction sont aussi des modalités d'analyse d'une œuvre avec leurs différents niveaux. Repères précieux pour aborder la création poétique...
Le titre de l'ouvrage l'avait annoncé : Inventaire et ouvertures. Le colloque ayant réuni trente-cinq spécialistes venant de huit pays, toute sa richesse nous est ainsi restituée, mêlant analyse, recherche universitaire et interviews avec des artistes, acteurs et cinéastes qui ont choisi de faire œuvre à partir de Rainer Maria Rilke.
B. Chemama-Steiner
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Ecrit le 18.02.2014
Note de lecture. Scènes d'une cure ordinaire. Jean Pierre Klein. Ed. HD

Les membres de la SFPE-AT connaissent bien l'auteur multidoué, qui participa jadis à nombre de nos réunions, écrivit dans un livre « CE QUE NE DEVAIT PAS ÊTRE » l'art-thérapie, créa l'INECAT formateur, et fut aussi écrivain -et parfois acteur- de théâtre.
Ici, c'est de ce qu'on pourrait nommer « CE QU'IL NE FAUT PAS FAIRE » dans une cure analytique, qu'il s'agit, et bien sûr, d'une cure « extra» ordinaire.
On assiste en effet à une caricature d'analyse Lacanienne, par un psychiatre hospitalier à temps partiel, se trouvant au cœur d'un quatuor pervers composé également d'une universitaire professeur de lettres et de son ancienne élève faisant une thèse sur « Les liaisons dangereuses », ainsi que d'un chercheur en sociologie compagnon de la précédente et dirigé vers l'analyste par la première. 
Dans ce roman intelligent dans lequel chaque mot compte, on voit ensuite, surtout dans l'adaptation théâtrale du roman, que l'auteur propose, toutes les lignes de force, toutes les répliques qui font mouche, tout le malaise s'installer au cœur de cette pathologie systémique. 
Jean Gérald Veyrat
Ecrit le 01.10.2013
Note de lecture : LES MYSTÈRES DE L'ART - Esthétique et psychanalyse - Christophe Paradas (éd. Odile Jacob 2012)

Lorsqu'on aborde cet ouvrage, on est d'abord saisi d'appréhension devant ce monument de près de 300 pages avec une bibliographie de près de 400 références.
Mais, lorsqu'on s'y plonge, on est frappé de la richesse de ces textes, de l'intelligence de ces citations, de la variété de ces chapitres, allant des « scènes de la vie conjugale » d' Ingmar Bergman, à Proust « au grand Hôtel de Balbec », de Beethoven à Bizet, à Wagner, ou encore des « jeux de l'enfance dans l'écriture d'Albert Camus », à « la peinture en train de se faire » chez Rembrandt...
Et il ne s'agit nullement d'une énumération fortuite, hétéroclite, mais d'une visite guidée selon les associations d'idées de l'auteur. On a d'ailleurs pu se rendre compte de cette richesse lors de sa communication sur Venise lors des dernières Journées d'Automne, sur le thème général du « Ravissement ».
Je partage aussi son goût pour le transdisciplinaire, qui ressort lorsqu'il passe de la passion de Freud pour les arts, de Malraux pour son « musée imaginaire » (tout en le taxant de « fétichiste collectionneur d'objets contraphobiques »), de Picasso pour l'art africain et les « Mohaï » de l'île de Pâques, du tandem Leiris-Griaule pour les dogons etc. 
Et l'auteur se met lui-même en question en discutant de la psychanalyse appliquée aux artistes ou aux œuvres, lorsqu'il parle du « psychobiographe, profanateur de sépulture », des « mises en perspective psychologisantes qui hérissaient déjà les poils de Proust », ou encore de Freud qui concluait : « La vérité biographique reste inaccessible ». 
J.G.Veyrat
Ecrit le 16.05.2013
Note de lecture: L'adolescent entre marge, art et culture. Une clinique des médiations de groupe (Emmanuelle Granier et Claude Sternis)

L'adolescent entre marge, art et culture 
Une clinique des médiations de groupe
par Emmanuelle Granier et Claude Sternis
Érès éd. 297 pages
Voici un ouvrage collectif très complet qui sera indispensable à tous ceux et celles qui abordent le vaste domaine des médiations thérapeutiques, dont on sait les bienfaits qu'on peut en attendre, spécialement à l'adolescence, et spécialement chez les si nombreuses personnalités alexithymiques qu'on y rencontre.
Les auteurs sont soit psychanalystes, psychologues cliniciens, psychothérapeutes, soit animateurs de différentes médiations (dont notre ami Jean-Pierre Klein qui ne veut surtout pas qu'on le présente dans les groupes qu'il anime, comme « psychiatre »(ce qu'il est), mais comme... « auteur de théâtre » (ce qu'il est d'ailleurs aussi) .
Les différents chapitres, présentés comme un « tissage de témoignages et de réflexions qui en découlent » sont très variés, traitant aussi bien du jeu, de l'écriture, du chant, de la danse, de l'expression plastique, que du corps, et de l'organisation des maisons des adolescents.
Jean Gérald Veyrat
Ecrit le 16.05.2013
Note de lecture: Les chants diaboliques (Dr J. Verdeau-Paillès)

" Le Dr Jacqueline VERDEAU-PAILLES, psychiatre et musicothérapeute, publie là, en association avec le Pr Michel LAXENAIRE, également psychiatre et passionné d'opéra, un remarquable ouvrage. Celui-ci débute par une analyse de cette « Unheimlichkeit » Freudienne, en centrant un long chapitre sur les différentes représentations de la figure du Diable dans les avatars du répertoire de « Faust ». Possédés , morts-vivants (les fameux « nosferatu », les « non-morts », du cinéma fantastique), doubles maléfiques, vampires, « aliens » et autres fantômes... tout l'inquiétant « malleus maleficarum » y passe, ainsi que sa version plus plaisante des fées, des songes et des philtres, qu'il s'agisse de rêves, de délires, de magie. Bref, c'est un monde de « witches » et de « sorcers » (en comparaison de la langue française pauvre en sorciers) qui s'anime sous nos yeux , avec, pour terminer, un essai de symbolisation des notes, des accords, des instruments, des voix, qui s'avère passionnant, même pour des non initiés."
Analyse du DR JG Veyrat
Président de la société
Ecrit le 17.05.2010